Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 20:26

Après les avertissements de Dominique Strauss-Kahn à Philemon Yang, le conseil d’administration du Fmi attire l’attention du gouvernement sur la dégradation des finances publiques.

Suite à la mission du Fmi qui a séjourné au Cameroun du 17 mars au 1er avril dernier au pays, le conseil d’administration du Fonds monétaire international a examiné, le 14 juillet, le rapport de la délégation conduite par le chef de mission, Mauro Mecagni, pour se prononcer sur les perspectives économiques du pays. Un rapport qui confirme les inquiétudes déjà exprimées par cette délégation lors des séances de restitution à la primature et à la présidence.

Globalement, souligne ce rapport présenté au conseil d’administration du Fmi, si la situation macroéconomique du pays est stable du fait de l’allègement de la dette extérieure et des effets des réformes mises en œuvre dans le cadre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance achevé en janvier de l’année dernière, la recherche de la croissance économique reste plombée par des facteurs endogènes graves. Ainsi, souligne le conseil d’administration du Fonds, « malgré le vaste potentiel du pays, sa croissance ces dernières années est restée limitée par l’insuffisance des infrastructures, l’environnement commercial défavorable, la capacité d’absorption limitée, un secteur financiers peu performant et les entraves au commerce ». Le Cameroun est fortement tributaire de produits primaires pour les recettes d’exportation et les recettes fiscales et reste donc vulnérable aux chocs extérieurs.

Les responsables du Fmi s’inquiètent à nouveau du mauvais état des finances publiques. Les responsables du fonds s’inquiètent à nouveau de la dégradation des finances publiques. La gestion des finances publiques s’est sensiblement dégradées avec une forte augmentation des paiements en suspens du gouvernement, y compris les retards de paiement pour les pertes subies par la Sonara (plus de 100 milliards, selon des sources), les ordres de paiement en suspens, et les dépenses pour lesquelles les services ont été fournis, mais dont les ordres de paiement ne sont pas établis. « La solidité du système bancaire s’est détériorée, reflétant à la fois la gestion des finances publiques et les problèmes de réglementation qui ont renforcé la concentration excessive du crédit, ainsi que l’impact de la crise mondiale », déplorent les administrateurs du Fonds.

C’est donc tout logiquement que le conseil d’administration du Fonds se dit « préoccupé par les faiblesses dans la gestion des finances publiques comme en témoigne la forte augmentation des engagements du gouvernement et l’utilisation de la Société nationale des hydrocarbures pour financer des opérations de dépenses ».

De fait, les membres de la plus haute instance du Fonds soulignent qu’il est essentiel de renforcer la gestion de la trésorerie pour maintenir la stabilité budgétaire et financière, assurer l’efficacité des dépenses publiques et accroître la transparence budgétaire. Il est donc impérieux de mettre en place des mécanismes efficaces pour suivre les flux de dépenses par le biais du processus de l’exécution du budget et de prévention de l’accumulation de nouveaux arriérés intérieurs. D’ores et déjà, le Fonds salue les premières mesures correctives prises par Emmanuel Essimi Menye, et l’encouragent à accélérer les reformes et, surtout, à apurer la dette intérieure pour fluidifier l’économie.

Surtout, l’apurement de la dette vis-à-vis de la Sonara est d’autant plus urgente que, remarque le Fonds, plusieurs banques lui ont fait du crédit et il ya une menace de crise bancaire systémique si le gouvernement ne lui reverse pas ce qui lui est dû pour lui assurer une bonne trésorerie et donc, un remboursement régulier de ses échéances avec ses créanciers. D’ailleurs, le fonds relance le gouvernement pour lui demander de supprimer les subventions au carburant, afin d’alléger le budget. Une idée plusieurs fois rejetée par le gouvernement, qui estime que l’augmentation des prix du carburant à la pompe, créerait une envolée général des prix des produits de consommation courante du fait de la hausse des couts du transport, avec une incidence nette en termes de tension inflationniste.

Malgré ce climat morose, le Fonds estime qu’il est indispensable de maintenir le programme d’investissement dans les grands travaux, en vue de combler les lacunes des infrastructures qui sont entravent les efforts de recherche de la croissance. Mais, souligne le Fonds, pour préserver la viabilité de la dette, il est également important de s’en tenir strictement à un endettement à des taux concessionnels.


.

Partager cet article

Repost 0
Published by NCHEKOUA TCHOUMBA Jean-robert
commenter cet article

commentaires